[communiqué de presse] Des armes…

Réponse à Eric Alauzet sur l’armement de la police municipale

Des armes des chouettes des brillantes
Des qu’il faut nettoyer souvent pour le plaisir
Et qu’il faut caresser comme pour le plaisir

Léo Ferré, 1968

Eric Alauzet poursuit sa dérive droitière. Faisant une nouvelle fois la preuve de son opportunisme politique, aux lendemains des coups de feu ayant retentis à Planoise, il se pose en futur « maire de l’ordre républicain », veut « incarner l’autorité », et pour cela souhaite fournir des armes lé­tales aux policiers municipaux, continuer la vidéosurveillance ou encore avoir recours aux drônes.

Il explique en cela agir en « praticien » et « faire des choses qui marchent ». On cherchera en vain une seule étude corrélant port d’armes à feu chez la police municipale et baisse de la criminalité. Aucune évaluation de ce dispositif n’existe, alors que le nombre de policiers municipaux armés ne cesse d’augmenter. Aucune étude sur les drônes non plus. Par contre, sur la vidéosurveillance, des études à l’étranger existent : elles ont démontré son inefficacité.

Bref, armer la police municipale n’est en aucun cas un choix de « praticien » ou dicté par la rai­son, comme veut le laisser entendre M. Alauzet.

M. Alauzet agit ici en idéologue au mieux, en opportuniste à tout le moins.

Besançon Verte et Solidaire réaffirme son refus d’armer la police municipale. Armes, drônes, vi­déosurveillance sont des choix de société coûteux, qui n’ont jamais démontré aucune efficacité. Le port des armes létales doit rester la prérogative de la police nationale dans le cadre de ses missions de protection de la population.

Il est de tradition pour la droite, dont fait partie M. Alauzet, de caricaturer cette position en la taxant d’angélisme. Rien de tel chez nous. La sûreté et la sécurité pour tout·e·s est un enjeu es­sentiel de société et un acquis de 1789 qui a fait de ce droit à la sûreté un droit garanti par la Dé­claration des Droits de l’Homme et du Citoyen, alors qu’il n’était assuré qu’aux seuls privilégiés de l’Ancien Régime. Nous réaffirmons avec force aujourd’hui ce droit à la sécurité pour tou·te·s et notamment pour nos concitoyen·ne·s des quartiers populaires.

Nous favoriserons l’emploi de nouveaux policiers municipaux pour développer une police de proximité qui retisse des liens avec les habitant·es. Nous remettrons également sur pied le ser­vice des correspondant·es de nuit, supprimé en 2016 par l’équipe municipale dont M. Alauzet est membre. Ce service assurait pourtant une mission de médiation essentielle, pour garantir la sécurité de tou·te·s la nuit, mais aussi pour orienter les personnes en difficulté et en souffrance vers les services dédiés. Nous travaillerons étroitement avec la police nationale, la gendarmerie ou la douane pour démanteler les trafics de drogue. Un effort particulier sera porté à la lutte contre les rodéos urbains et les nuisances sonores causées par les petits véhicules motorisés qui pourrissent littéralement la vie de beaucoup de nos concitoyen·ne·s.

Comme pour la gratuité des transports publics, encore une fois nous répondons à M. Alauzet :
« les raisonnables, c’est nous ».

Besançon verte et solidaire

1 réflexion au sujet de “[communiqué de presse] Des armes…”

  1. Beaucoup de sang a coulé dans la Seine depuis qu’a été garantie la sûreté des personnes contre la justice privée du roi, de la noblesse et des puissants. Cette justice privée a retrouvé, sous couvert de sécurité, ses prérogatives sur le plan économique, social et politique, avec l’appui du législateur (loi sur le secret des affaires, loi El Khomri contre le code du travail, lois dites anti-casseurs sur l’état d’urgence).
    C’est dans ce cadre que Mr Alauzet rêve d’ajouter à son CV politique, le titre de shérif à l’américaine, soit un fonctionnaire élu en charge de la police et de la justice dans le cadre d’un comté. Se souvenir en passant que les USA sont la patrie et le paradis des armes à feu, des fusillades de masse, de la chasse aux noirs. La question se pose de savoir ce qui motive cet ange-gardien qui se drape dans un questionnaire de police dont nul ne sait qui exactement y a répondu.
    Si, comme il semble, cette lubie de petit chef lui est venue aux lendemains des coups de feu ayant retenti à Planoise, alors il est évident que l’armement de la police municipale a un caractère racial. Et donc il affirme par là, sa préférence municipale pour la droite et l’extrême-droite.

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