La ville de demain avec les citoyen·ne·s

Les impressions d’un signataire sur la conférence de presse de lancement de Besançon verte et solidaire

Merci à Fred pour ce témoignage personnel 😉 :

Le collectif citoyen Besançon Verte et Solidaire (BVS) pour les élections municipales s’est dévoilé à la presse le 8 novembre dernier. Ce fut l’occasion de présenter une démarche et une future liste citoyenne, avec des participants de plusieurs provenances, qui composeront les couleurs de la solidarité, d’une écologie populaire, et du féminisme. Ce fut aussi l’occasion de montrer que l’on doit changer les codes.

« En finir avec le féodalisme »

Ce 8 novembre 2019 fera date :  « Nous ne répondons pas aujourd’hui à la question c’est qui, mais plutôt c’est quoi« , centrait d’emblée  Séverine Véziès, l’une des têtes pensantes de Besançon Verte et Solidaire. Il s’agissait au demeurant de dépeindre la démarche. La liste a vocation d’être à l’image des habitant·e·s de Besançon. Cette finalité sera précédée d’une construction collective autour d’un projet programmatique. Le point de départ est un texte d’appel que des signataires venus de tout horizon peuvent par ailleurs continuer de soutenir. Un large panel non exhaustif l’a déjà fait. Il y a parmi eux/elles des militant·e·s associatifs car, comme en convient Séverine Véziès, « ils connaissent les problématiques de terrain, ce sont des gens vers qui nous pouvons et nous devons nous tourner lorsque l’on cherche des solutions« . Mais cela va jusqu’au citoyen.ne qui s’engage pour la première fois, qui ne souhaite pas pour autant intégrer un parti ou un mouvement politique à proprement parler. Ou encore, des syndicalistes, des Gilets Jaunes… Des signataires de tous les quartiers de la ville ont posé leur griffe. Besançon Verte et Solidaire souhaite ainsi accompagner la volonté croissante chez les électeur·rice·s de se réapproprier leur destin. « Les signataires ne veulent plus du féodalisme municipal où les gens n’ont plus accès à quoique ce soit dans les décisions », tance Rosine, militante politique expérimentée. L’appel pose des marqueurs politiques : urgence sociale, urgence climatique, urgence démocratique. Il puise son énergie dans une ville où les personnes se sentent impliquées notamment dans les problèmes du quotidien. Cette première phase du projet correspond directement à ce que sera la suite… Les citoyen·ne·s seront invité·e·s à prendre part à la liste municipale, à en être davantage acteur·rice·s que simple caution. Besançon Verte et Solidaire n’est pas une liste France insoumise. Les militant·e·s LFI bisontin·e·s ont souhaité apporter leur expérience pour initier et susciter cette reprise en main citoyenne des affaires de la ville. La révolution citoyenne est le pourquoi de la création de la France insoumise dés 2016.

Renouveau démocratique

Construire avec les citoyen·ne·s c’est entendre qu’ils ne sont pas des faire valoir. Il s’agit là de ne pas soumettre un programme mais de l’ériger ensemble. Ce renouveau démocratique doit permettre de sortir la politique des tambouilles d’appareils. Des remises en question seront nécessaires, les codes devront être cassés. Parce que Besançon verte et solidaire souhaite réintroduire l’éthique dans la politique, une charte éthique des élu·e·s sera mise en place. Cela devrait changer bien des choses dans l’exercice d’un mandat. BVS a également mis en place des outils numériques bien développés et interactifs. Il n’en reste pas moins que la rencontre physique dans la rue, motivée par des temps forts du genre ateliers porteurs de parole, devra contribuer à élaborer le projet. Ces outils sont également à disposition des majorités silencieuses, à celles et ceux qui n’avaient plus l’occasion de prendre la parole. Lors de la conférence de presse, Michel Boutonnet, chef de file pour LFI, posait sur la table l’hébergement des réfugiés en faisant une transition vers les questions du logement. « Le logis est un bien qui dépend de la collectivité et dont on ne peut se passer« , assurait-il. L’orateur au verbe puissant argumentait les enjeux à coups d’exemples à charge d’une politique appliquée depuis vingt ans à Besançon. Il s’engage à mettre en acte une « guerre aux démolisseurs« . BVS veut la réhabilitation et la rénovation au lieu de couper les habitant·e·s d’un entourage et environnement social en les déplaçant suite à de grands programmes de démolitions de logements sociaux.

Vert jaune violet pour une liste

La première chose prégnante lorsque l’on arrive à Besançon, c’est la verdure. « On aimerait que ça reste« , clame Claire Arnoux, la cheffe de file féminine LFI. Cela doit passer par le court circuitage d’un certain nombre de projets d’artificialisation. Des inutilités urbaines qui contredisent les enjeux environnementaux et contrarient la biodiversité et encore plus les biotopes. « BVS entend repenser la ville de demain en inversant les priorités de la municipalité actuelle », suggère l’ex-candidate aux législatives de 2017. Elle incite à placer le progrès écologique avant le développement économique. La liste se dit « verte » en référence à une vision plus large et incluant la nature au sens large.  Pour ce qui est du jaune, une autre des trois couleurs du logo de BVS, il induit le sens de la solidarité qui caractérise l’Histoire de la ville. La couleur du soleil, celle du combat des gilets jaunes. Besançon fût le berceau du RMI, le RSA aujourd’hui. La solidarité dans cette ville, « on ne peut pas ne pas en parler« , souligne Michel Boutonnet. Le chantre des questions liées aux réfugiés dont il déplore la mise au ban; convoque dans son propos de célèbres bisontins comme le philosophe du XIXe siècel Charles Fournier, Proudhon et Hugo, pour justifier la ligne de BVS.

Fred D Rico

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