Notre réponse à l’association de la Brasserie de l’Espace sur les questions de sécurité à Planoise

Association de la Brasserie
Alternative de Planoise et de
l’Espace / ABAPE

Besançon, le 29 janvier 2020

Madame la Présidente de l’ABAPE,

Nous vous remercions de votre sollicitation et nous souhaitons vous remercier pour le travail créateur de lien social que vous faites de part vos activités dans un quartier essentiel pour notre ville et qui plus est, le quartier le plus peuplé de Besançon. Nous y sommes particulièrement sensibles car il correspond exactement à l’esprit dans lequel nous nous inscrivons : créer du lien et lutter contre la ghettoïsation.

Le quartier de Planoise souffre de plusieurs maux, ceux d’une société qui abandonne ses concitoyen·nes à leur sort. Là où la République recule, les trafiquants font la vie économique et l’insécurité grandit. Comme vous le décrivez et vivez, ce sont alors les habitant·es et commerçant·es qui se retrouvent seuls face à ce marasme. En témoigne également le cahier de doléances que nous avons reçu des habitant·es du quartier.

Notre liste souhaite agir à plusieurs endroits.

Dans un premier temps, l’urgence est à remettre de la sérénité dans nos quartiers et à assurer la sécurité et la tranquillité publique de ses habitant·es. Globalement, nous considérons que les questions de sécurité doivent se régler par de la présence humaine sur le terrain.

Le maintien de l’ordre et la lutte contre les trafics sont des missions de police nationale. Pour autant, nous considérons qu’une municipalité peut agir en exigeant de l’État par l’intermédiaire du préfet, le déploiement des forces de police nécessaires et adéquates au traitement de ce genre de problématique. Nous demanderons donc le renforcement des forces de police nationale sur notre territoire avec comme mission première la lutte contre le trafic de drogue qui gangrène nos quartiers. Créer du lien, renouer la confiance police-population, nécessitent aussi la mise en œuvre d’une police de proximité. Aussi, nous demanderons à ce que le commissariat de police qui se trouve à Planoise soit ouvert en continu et non comme actuellement avec des horaires de journées et en semaine seulement.

Pour ce qui est de la police municipale, nous considérons qu’elle doit travailler en coordination avec la police nationale mais qu’en aucun cas, nous devons lui attribuer des missions qui ne relèvent pas de ses compétences. Police nationale et municipale sont complémentaires et nous refusons la course à l’échalote vers l’armement des policiers municipaux. Chacun·e ses missions, gardons nous de mettre en danger des agents en les mettant face à des situations qui ne relèvent pas de leur missions.

Au delà de ces missions de maintien de l’ordre et de tranquillité publique, recréer du lien dans nos quartiers nécessite la présence d’autres acteurs.

Nous avons annoncé le retour des correspondant·es de nuit dans les lieux où il y a une vie nocturne, le retour des concierges et gardiens d’immeubles dans les logements sociaux, le renforcement des différents services sociaux en leur donnant les moyens véritables dont ils ont besoin pour remplir leurs missions. Médiation, humanisation de nos relations.

Nous savons tous que la délinquance se nourrit de la misère sociale et de l’appauvrissement général des salarié·es, précaires, chômeurs, retraité·es et de nos jeunes. Ce constat touche particulièrement les habitant·es de Planoise. Les questions de sécurité ne peuvent donc être traitées sans y associer la question sociale.

Notre liste marche sur trois jambes : l’écologie populaire, la solidarité et l’implication citoyenne.

Nous mettrons en place un grand plan de lutte contre la précarité et la pauvreté. Accès aux droits, soutien aux structures associatives d’aide aux populations laissées à la rue, aux chômeurs et aux précaires, favoriser les emplois locaux en soutenant l’économie sociale et solidaire mais aussi grâce à un grand plan de rénovation des logements sociaux dans le cadre de la mise en œuvre de la transition écologique, favoriser le petit commerce, la culture et les activités sportives populaires…

Nos quartiers doivent redevenir des lieux de vie et d’activités. C’est pourquoi nous viendrons en soutien des régies de quartier qui proposent aux habitant·es des activités leur permettant de se réapproprier leur quartier tout en leur fournissant une source de revenu.

Nous proposerons également l’adaptation de la maison des associations à Planoise à la réalité des besoins, en concertation avec les acteurs de terrain, tout en favorisant la création d’associations de quartier pour réinvestir la vie de la cité en leur fournissant des moyens (locaux, subventions, personnels). Nous serons attentifs également à la question des femmes en favorisant la création de structures initiées par elles et ainsi leur permettre d’être à nouveau citoyenne dans leur quartier, dans leur maison ( aide à l’apprentissage de la langue, alphabétisation…).

Et puis, plus globalement, notre démarche s’inscrit avec le soucis de remettre nos concitoyen·nes au cœur de la décision politique et de la vie de la cité.

Nous associerons donc la population aux décisions politiques. Rien ne se fera plus sans concertation, comme c’est la cas par exemple avec le PLRU de Planoise qui s’est fait sans les habitant·es. Ce n’est plus possible de solliciter les citoyen·nes une fois tous les 6 ans pour ensuite, leur imposer des décisions d’en haut.

Vous l’aurez compris, nous avons à cœur de proposer une approche globale et de travailler avec les acteur·trices de terrain. Nous vous proposons de retrouver l’ensemble de nos propositions sur notre plateforme collaborative, sur laquelle vous pouvez y apporter votre contribution (https://besanconverteetsolidaire.yrpri.org/community/908). Vous trouverez également sur notre liste nos comptes rendus de rencontre avec différents acteurs de terrain et notamment l’association PARI de Planoise (https://besanconverteetsolidaire.fr/rencontre-avec-lassociation-pari/)

Nous vous invitons également à venir nous rencontre, le 6 février prochain à 19h, salle des Epoisses à Planoise pour une réunion programmatique sur le thème de l’écologie populaire, en lien avec le PLRU de Planoise. Nous serons également le 14 février à 16h au brunch La Paloma, au 14 avenue du Parc, place Cassin, pour un goûter/présentation de notre programme.

Nous restons à votre disposition et vous prions de croire en nos sentiments les plus dévoués.

Claire Arnoux, ses colistier·es et l’ensemble des signataires de Besançon Verte et Solidaire

1 réflexion au sujet de « Notre réponse à l’association de la Brasserie de l’Espace sur les questions de sécurité à Planoise »

Laisser un commentaire