Rencontre avec « AC ! Agir ensemble contre le chômage »

Parce que notre ville n’est pas épargnée par le chômage et par la précarité, parce que nous souhaitons aller à la rencontre des acteurs et actrices de terrain, ce jeudi 19 décembre, c’est avec l’association « AC ! Agir ensemble contre le chômage » Besançon, que nous sommes allés échanger.
Voir aussi notre plateforme programmatique collaborative sur ce sujet !

Typologie de notre territoire

Notre ville compte environ 17,3% de sa population au chômage (https://insee.fr/fr/statistiques/1405599?geo=COM-25056) (entre 8,5% et 9% en France) et un taux de pauvreté de l’ordre de 20% (14,7 % en moyenne en France). 1 bisontin.e sur 5 vit donc en dessous du seuil de pauvreté soit 1026 euros par mois.

Dans son dernier rapport, l’INSEE met en évidence une précarité plus forte à Besançon que dans d’autres communes de la CAGB, tout en constatant qu’elle progresse plus rapidement dans ces communes avec des indices de fragilisation.

 « La pauvreté et les fragilités sociales sont moins prégnantes dans la CAGB que dans les agglomérations comparables. Le revenu médian par unité de consommation y est en effet plus élevé et le nombre de personnes rencontrant des difficultés liées à l’emploi ou à la famille y évolue moins vite. Sur les onze secteurs de l’agglomération bisontine caractérisés par une plus forte précarité monétaire et sociale, dix se situent à Besançon. Dans les autres communes de la CAGB, la précarité est moins prononcée mais y progresse davantage. La concentration des ménages les plus modestes dans certains secteurs s’explique en partie par une plus grande présence de logements sociaux, notamment à Besançon et Novillars. »

L’INSEE met en évidence 11 secteurs où l’on retrouve les populations les plus fragiles dont 10 à Besançon : Planoise, Clairs Soleils, Palente-Orchamps, Montrapon, Cité Brulard, Cité Amitié, Battant-Madeleine, Haut de St Claude, Tarragnoz et Rivotte. https://www.insee.fr/fr/statistiques/1285841

Une politique nationale qui accentue la précarité et la fragilité des populations

Les choix politiques nationaux qui sont menés depuis plusieurs années sont le fruit de choix idéologiques qui visent à faire reculer l’ensemble des dispositifs de socialisation des risques et donc des dispositifs collectifs d’accompagnement et de protection des citoyen.ne.s. Nous assistons à une volonté totalement irrationnelle de réduction des déficits budgétaires et à une volonté idéologique de casser notre système de protection sociale et nos outils de la solidarité.

Au niveau de l’assurance chômage, deux outils permettent de mettre en œuvre ces choix politiques :

  • La fiscalisation de l’assurance chômage qui fragilise les comptes des caisses d’assurance chômage.
  •  La culpabilisation et la répression subie par les chômeur.euse.s, plongeant alors ces populations fragilisées dans les méandres de procédures toujours plus complexes et accentuant leur précarité en les excluant des systèmes d’indemnisation.

Alors que la fraude fiscale atteint les 90 milliards d’euros, ce sont les chômeur.euse.s qui sont la cible des réformes qui se succèdent et qui se sont renforcées avec la présidence Macron.

Nous refusons cette chasse au chômeur. Nous nous engageons à faire de Besançon une ville qui protège ses habitant.e.s face à ces reculs des droits, organisés par une élite au pouvoir qui n’agit que dans l’intérêt de quelques un.e.s et contre la majorité silencieuse.

« AC ! Agir ensemble contre le chômage » Besançon

L’association s’est créée avec la volonté de lutter contre le chômage. Au fur et à mesure de son existence, ses membres ont rapidement pris la mesure de la problématique plus large qui entoure cette question. Si elle continue sa lutte pour des revendications et des droits sociaux, l’association a souhaité attirer notre attention sur les conséquences du chômage (misère sociale, psychologique, désocialisation…). Depuis plusieurs années, elle emploie deux contrats aidés de 20h seulement aujourd’hui qui assurent un accompagnement pour l’accès aux droits sociaux et la formation à l’usage de l’outil informatique.

AC ! accompagne les chômeur.euse.s mais pas seulement. La précarité touche les familles à faibles revenus, les jeunes, les étrangers en situation régulière fragile, les personnes âgées… La précarité est un fléau et ne touche pas que les chômeur.euse.s. Elle est le fruit de différentes mesures dans divers domaines qui convergent toutes vers le même but : le recul de la solidarité et de notre système de protection sociale.

Une ville solidaire qui protège ses habitant.e.s

Face à cette folie libérale, nous souhaitons faire de Besançon, une ville qui s’implique auprès des plus fragiles. Parce que l’on ne peut être heureux dans un océan de malheurs, renouons avec notre passé humaniste et solidaire.

Pour ce faire, notre action se fera selon deux axes :

1.Agir auprès des populations précarisées

Les associations et structures aidantes remplissent une véritable mission de service public. Elles souffrent le plus souvent d’un manque de personnel qualifié et de moyens matériels et financiers. Il est plutôt révélateur de constater que dans ces domaines, ce sont le plus souvent des contrats précaires qui sont appelés pour venir en aide aux populations elles-mêmes précaires (contrats aidés, services civiques…). Nous considérons que ce choix est loin d’être anodin car dans le système néo libéral le chômage massif et la précarité généralisée sont les meilleurs moyens de maintenir des bas salaires.

Précariser les accompagnants des précaires, cela montre le peu de considération que nos sociétés ont pour ces populations. Cela montre également à quel point, nos dirigeants actuels considèrent ces missions comme annexes et non prioritaires.

La lutte contre la précarité est un objectif vital : elle est un outil indispensable au pouvoir de Macron pour aider les grandes entreprises internationales dans la guerre économique qu’elles se livrent. Nous devons prendre la mesure de ce fléau qui frappe nos sociétés. Cela nécessite de mettre les moyens, les compétences nécessaires et donc de professionnaliser cette prise en charge par la mise en place d’un service public au public.

Venir en soutien aux structures existantes qui viennent en aide à ces populations précarisées :

  • Assurer la pérennité des structures existantes.
  • Leur permettre d’employer des salarié.e.s à temps plein avec un véritable statut et des salaires décents.
  • Mise à disposition d’un local et du matériel nécessaire à leurs missions (ordinateurs, maintenance…).
  • Renforcement des aides et subventions.

Face aux situations de chômage et de précarité : professionnalisation de l’encadrement

  • Accès aux droits : guichet unique. Avec la dématérialisation totale en 2022 des services publics, des populations entières vont se retrouver dans une grande difficulté dans l’accès à leurs droits. Une réflexion est à mener sur les modalités de cette mise en œuvre en lien avec la maison des services au public de Planoise. Des problèmes de formation et de moyens matériels et humains se posent là aussi.
  • Lutter contre la fracture numérique : voir item sur le sujet (ex : faire des bus numériques dans la même idée que le bibliobus mais attention le but est de faire sortir les gens de leur quartier => point de départ).
  • Réflexion sur l’allocation d’aide au logement pour les demandeurs d’emplois et personnes précaires supprimée il y a quelques années (AMIL)

2.Agir en amont : Refuser le dumping social, lutter contre le chômage et la précarité

La ville dispose de plusieurs leviers pour agir en amont et ainsi refuser le chômage et l’émergence de situations précaires.

  • Initiative Territoire 0 chômeur : c’est une expérimentation mise en œuvre dans quelques régions en France. Elle ne concerne que très peu de monde, chômeur de longue durée ou en attente de leur retraite, néanmoins, une réflexion peut être menée sur le sujet. L’objectif étant que cette initiative ne reste pas qu’un simple outil de communication.
  • Interdiction de zone franche qui favorisent le développement de la précarité
  • Interdiction du travail le dimanche dans les zones commerciales
  • Mise en place de critères dans le cahier des charges des appels d’offre : pourcentage d’emplois locaux, pas de statuts ou contrats précaires, pas de travail détaché…
  • Ville, employeur en dernier ressort : création d’emploi à mission sociale et écologique.
  • Réduction du temps de travail des contrats territoriaux.
  • Ville exemplaire, donc pas de contrat précaire dans les emplois des services de la ville.
De gauche à droite : Séverine Véziès, Michel Boutonnet pour Besançon verte et solidaire et des membres de AC ! Besançon avec Nadia, Alain Tambolini et Martine Chevillard

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