Rencontre avec des membres d’associations d’accompagnement et de défense des migrant.e.s

Pour poursuivre l’atelier programmatique du 28 novembre dernier sur la lutte contre les précarités, ce matin, des signataires de Besançon Verte et Solidaire ont planché sur la question de l’accueil des migrant.e.s avec des membres de SolMiRé.

Les migrations humaines, qu’elles soient choisies ou subies, ont forgé l’histoire de l’Humanité. Selon le HCR, ce sont plus de 70,8 millions de personnes dans le monde qui sont déracinées, du fait des guerres, des violences, des persécutions. 37 000 personnes sont forcées de fuir chaque jour les conflits et les persécutions. 80% des réfugiés vivent dans des pays voisins de leur pays d’origine. Les populations migrant.e.s qui arrivent à nos portes ont tous des parcours de vie différents, pour autant, elles rencontrent toujours les mêmes difficultés en arrivant ici.

L’hébergement d’urgence, un problème récurrent à Besançon

En vertu de l’article L 345-2 et L345-2-2 du code de l’action sociale et de la famille, « Dans chaque département est mis en place, sous l’autorité du représentant de l’État, un dispositif de veille sociale chargé d’accueillir les personnes sans abri ou en détresse, de procéder à une première évaluation de leur situation médicale, psychique et sociale et de les orienter vers les structures ou services qu’appelle leur état », « Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence ».

Aucune condition quant à la régularité du séjour des personnes n’est exigée par les textes.

L’État, pour les demandeurs d’asile, ou le département pour les mineurs isolés, ont le devoir d’assurer leur prise en charge. Or, trop souvent ces populations se retrouvent à la rue. Les files d’attente n’en finissent plus et le 115 est saturé. Personnes isolées, familles avec enfants, mineur.e.s ou majeur.e.s  non accompagné.e.s sont contrainte.e.s de dormir à la rue, dans des campements, soutenu.e.s par un secteur associatif de bénévoles militant.e.s.

Nous avons tous encore en mémoire l’hiver 2017/2018, où face aux manquements des autorités publiques, des bisontin.e.s,  se sont mobilisé.e.s et ont réquisitionné un local commercial appartenant à la ville et situé rue d’Arènes appelé « Le Bol D’R ». Renvoyant à la responsabilité de l’État, la municipalité n’avait alors rien trouvé de mieux que d’initier contre le collectif citoyen SolMiRé une action en justice pour exiger leur expulsion et le versement de dédommagement.

Des situations humaines dramatiques

Ces manquements des autorités publiques et politiques à tous les échelons génèrent des situations dramatiques que l’on ne peut tolérer. Des mineur.e.s, enfants en bas âges et jeunes majeur.e.s  non accompagné.e.s  laissé.e.s  à la rue, des éxilé.e.s dit « dublinés » englué.e.s dans un parcours administratif kafkaïen, des débouté.e.s livré.e.s à eux-mêmes alors même qu’ils leur subsistent des droits, des malades et personnes vulnérables laissées sans soins….

Et pourtant, il existe des dispositifs légaux sur lesquels une ville peut s’appuyer pour accueillir dignement les populations migrantes. Mais pour cela, comme dans beaucoup d’autres questions, encore faut-il une réelle volonté politique au-delà des seuls discours d’intention !

La liste Besançon Verte et Solidaire s’engage à faire pression sur les autorités compétentes afin qu’elles remplissent leurs devoirs prévus par la loi. Au nom de cette inconditionnalité de l’accueil, nous nous engageons également à assurer un hébergement d’urgence pour que plus aucune personne ne dorme à la rue.

Notre ville compte nombre de citoyen.ne.s engagé.e.s et de structures de solidarité qui ont l’expérience et l’expertise. Nous souhaitons favoriser la coordination de ces diverses structures et citoyen.ne.s bénévoles par la mise à disposition d’un lieu de rencontre et de personnels qui seront au service d’un pôle de la solidarité citoyenne.

Besançon Verte et Solidaire une ville impliquée

Nous souhaitons également renouer avec cet héritage bisontin qui, à son époque, fut innovant dans la création de nouveaux droits. En 1967 par exemple, souvenons-nous qu’en créant le Minimum Social Garantie, ancêtre du RMI, Besançon fit le choix de substituer la solidarité à l’aumône. Nous croyons donc, qu’au-delà des voies légales déjà existantes, une municipalité peut faire le choix politique de mettre en œuvre ou de favoriser la mise en place d’un certain nombre d’initiatives, visant à remplir ce devoir d’humanité, d’accueil et d’accompagnement des populations migrantes.

Nous nous y emploierons, à travers la mise en place d’un droit de vote des étrangers aux consultations locales, la création d’une délégation avec un.e élu.e référent.e chargé.e d’assurer la mise en place des diverses interventions légales et initiatives de la municipalité dans le cadre de ses engagements à agir aux côtés des migrant.e.s.

De gauche à droite : Séverine Véziès, Jean-Claude Valentini, Noëlle Ledeur, Michel Boutonnet, Malika Benzidane

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