Rencontre avec l’association la Pive – Monnaie locale franc-comtoise

La Pive est une monnaie complémentaire locale et c’est aussi le nom de l’association qui la met en circulation en Franche-Comté, et qui est organisée en groupes locaux. Nous sommes allées à leur rencontre.

Quel est l’intérêt d’une monnaie complémentaire locale ?

La Pive est un outil qui doit permettre la relocalisation de l’économie par la mise en relation des différents acteurs économiques (fournisseurs/entreprises/clients). En utilisant cette monnaie, ceux et celles-ci sont amené·es à relocaliser leurs transactions à l’échelle locale. Ce développement et cette relocalisation économique se fait également sur des critères éthiques, démocratiques, écologiques et sociaux. Les entreprises adhérentes payent une cotisation, qui avant était la même pour toutes, mais va évoluer vers une cotisation « libre et consciente », à partir d’une grille tarifaire indicative selon les résultats d’exploitation de l’entreprise ( résultat d’exploitation = chiffre d’affaire – charges/cotisations). Adhérer à la Pive aujourd’hui est essentiellement un acte militant pour redonner du sens à sa consommation. Actuellement la Pive n’existe qu’en format papier (en coupures de 1P, 2P, 5P, 10P et 20P).
Pour atteindre une taille critique qui lui permettrait d’impacter réellement l’économie locale et de permettre une véritable relocalisation de plusieurs secteurs d’activité, elle a besoin de plus d’utilisateurs·trices.

Développer la Pive pour favoriser la relocalisation de l’économie

La discussion met en avant plusieurs possibilités :

  • qu’une ou plusieurs régies de la ville utilisent la Pive pour donner de la visibilité à cette monnaie locale (comme la régie de la Rodia)
  • permettre le paiement d’une partie des indemnités des élu·es et donner la possibilité aux salarié·es municipaux qui le souhaitent de percevoir une partie de leur salaire en Pive
  • permettre des primes salariales en Pive (sur le principe de ce qui existe pour les ticket resto ou chèques-cadeaux)
  • attribuer en Pive des aides sociales complémentaires à celles existantes, en impliquant le CCAS

Piste évoquée : Serait-il possible de payer des impôts locaux, la cantine scolaire en Pive ?

Une mairie Verte et Solidaire pourrait également aider à financer des secteurs d’activité manquants dans la région. Par exemple en créant une conserverie municipale (sous forme de SCIC ?) ouverte aux maraîchers bio alentours, où le service serait payable en Pives.
De même certains secteurs de services pourraient être amenés à accepter les Pives en paiement, comme l’eau ou l’énergie.

Monnaie électronique et fond de garantie

La mise en place de la Pive – monnaie électronique – faciliterait et permettrait de nouveaux paiements entre entreprises et fournisseurs. Cela aurait un gros impact pour développer l’économie locale. Cela nécessite des subventions publiques.

Autre sujet. A ce jour les euros récupérés en échange des pives sont placés en fond de garantie à la Nef et au crédit coopératif ( des banques éthiques où l’argent n’est pas investi, ni envoyé dans des paradis fiscaux ou autre). A terme, cet argent pourrait être utilisé à financer des projets. La question se pose de savoir si la mairie pourrait rentrer au CA de la Pive pour avoir un droit de regard sur l’investissement fait de cet argent. Il nous semble en effet important de s’assurer un contrôle citoyen/démocratique des investissements réalisés à partir de fonds publics de la mairie.

Piste : Serait-il possible de contractualiser dans le cadre d’un financement public de fonctionnement de l’association le fait d’avoir un représentant de la mairie au CA ?
Si la mairie signe une convention avec La Pive, un·e représentant·e de la mairie peut assister au CA. Par contre il/elle ne pourra pas voter car dans les statuts actuels, il n’existe pas de commission « collectivités » : il faudrait en créer une en modifiant les statuts.

Pour l’instant, le fait pour une mairie de faire usage de monnaie locale complémentaire dans ses paiements est très compliqué (il faut trouver des « trucs » administratif comme des signatures de conventions triangulaires). Une mairie de Besançon Verte et Solidaire serait force de proposition à l’échelle nationale pour mettre à jour les textes réglementaires et permettre une dérogation pour les monnaies complémentaires locales – et donc la Pive – au principe de dépôts des fonds au Trésor Public

Rencontre avec l’association la pive, mercredi 18 décembre
De gauche à droite : Charlotte Planckaert et Clarisse de la Pive, Caroline Schwebel et Claire Arnoux de Besançon Verte et Solidaire.

Engagement niveau 3 dans le Pacte pour la Transition

Le collectif Grand Bisontin du Pacte et la Pive ont rédigé une version locale de la mesure 32. Il s’agit d’adhérer à la Pive, monnaie locale complémentaire et citoyenne, de la mettre en place dans les services publics de la commune et de la CU, dans les budgets participatifs et dans le soutien aux associations.

Notre liste s’engage au :

  • Niveau 1 : Poursuivre le financement de La Pive afin de lui permettre de consolider et de développer son projet.
  • Niveau 2 : Adhérer à l’association la Pive pour encaisser des paiements via une ou plusieurs régies (telle que La Rodia) et accorder des subventions en pives dans le cadre de projets territoriaux innovants et/ou valorisant les politiques en lien avec les enjeux d’une monnaie locale. Adhérer à l’association porteuse en qualité de prestataire de services (délibération du Conseil municipal ou communautaire, et agrément de l’association porteuse de la monnaie). Signer une convention avec l’association prévoyant entre autres les encaissements dans une ou plusieurs régies. Transmettre la convention au ou à la responsable du Trésor public et adapter le règlement de la Régie.
  • Niveau 3 : Payer une parte des indemnités des élu-es, salaires des agents municipaux, et des aides sociales en Pive.

Retrouvez la pive sur http://www.pive.fr et sur https://www.facebook.com/pive.monnaie/

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