Rencontre avec l’Union des Commerçants de Besançon

Poursuivant notre travail de concertation avec des acteur·trice·s de terrain, nous sommes allés à la rencontre de l’Union des Commerçants Bisontins. Association réunissant essentiellement des commerçant·e·s du centre-ville, ils ont pu nous faire part de leurs préoccupations.

Dans le numéro de décembre 2019 de la presse bisontine, notre liste s’était déjà exprimée sur la question des commerces du centre-ville. (https://besanconverteetsolidaire.fr/la-presse-bisontine-dabord-interdire-toute-extension-des-zones-commerciales/). Dans le cadre de cette rencontre, nous avons abordé 5 thèmes : 

Le stationnement

  • Diagnostic de l’UCB

La politique de stationnement n’est pas le seul frein à la « chalandise », pour autant, les commerçant·e·s souhaitent une cohérence et une uniformité des modalités proposées. Ils regrettent par exemple l’application « hachée » du stationnement à 1€ le samedi.

Une étude a démontré un potentiel de développement de 10 000m² à horizon 2022 sur le territoire bisontin, alors que 30 000m² sont en cours ou en attente de construction… Malgré cela, la demande de nouvelles grandes enseignes (ex : Zara) existe mais elles estiment que les locaux proposés ne sont pas adaptés en terme de localisation ou de surface insuffisante. En 2019, le centre-ville compte plus d’ouvertures que de fermetures. Le taux de vacance s’est donc stabilisé en 2019.

Le modèle des hypers et des zones commerciales de périphérie semble dépassé, selon certaines études. Enfin, l’UCB a souhaité nous alerter sur l’absence de secteurs tertiaires, type professions libérales médicales dans le centre-ville. Ces professions s’étant ces dernières années délocalisées en périphérie du centre, bénéficiant d’exonérations fiscales (ex : vers la polyclinique de Franche-Comté).

Leur demande sur la question du stationnement est la suivante : 2 heures gratuites quel que soit le moment de la journée.

  • Les remarques et propositions de Besançon Verte et Solidaire

La question de redynamiser le centre-ville et ses commerces est une question récurrente des élections municipales. En la matière comme toujours, il importe d’avoir une vision globale de la situation.  Si l’objectif est de faire du centre-ville une galerie commerciale à ciel ouvert, avec les mêmes chaînes de magasins que partout ailleurs, mais avec les seuls désavantages d’avoir des parkings payants, un mobilier urbain inadapté, des rues et des places minérales qui emmagasinent la chaleur lors des canicules et dissuadent chacun.e de s’y aventurer… alors les grandes galeries commerciales de Chalezeule, Valentin ou Chateaufarine, climatisées, avec des parkings gratuits et des boutiques similaires, l’emporteront toujours. Le centre-ville est un lieu de vie avant tout, où se mêlent, commerces, riverains, consommateurs, piétons, vélos, personnes à mobilité réduite, enfants, famille, promeneurs, salariés…

Notre objectif majeur est donc de concevoir le centre-ville, certes comme un lieu de commerce mais pas uniquement ; c’est aussi d’échange, de visite, de découverte, de loisir, un lieu où il fait bon vivre et se promener ! Ce qui doit se traduire, à terme, par un réaménagement des places et des rues, en les revégétalisant pour y amener de la fraîcheur (développement de la mobilité douce, des trottoirs libérés des voitures, diminution de la circulation automobile). Nous souhaitons mettre progressivement la voirie aux normes des zones de rencontre – la Boucle et Battant étant classé ainsi. A terme, l’accessibilité du centre-ville sera facilitée par la création de parcs-relais reliés au centre-ville par des transports publics gratuits et des systèmes de navettes.

Nous souhaitons que le centre-ville soit plus accessible aux piétons, aux vélos, aux personnes circulant en fauteuil roulant ou avec des poussettes. Ainsi, il s’agit de permettre une occupation harmonieuse de l’espace public entre piétons, achalandage commerçant, vélos…. Autant de points qui nécessitent de revoir complètement la politique de circulation en ville et de stationnement.

Il faut anticiper les changements qui sont inéluctables au regard des évolutions climatiques et comportementales. Nous souhaitons le développement de commerces de proximité dans le centre-ville (mais également dans les centres des quartiers de la ville ou dans les centre-bourgs), ce qui permet d’éviter les déplacements trop fréquents dans les zones commerciales de périphérie de la ville.

Nous réaffirmons notre volonté d’arrêter tout programme de création ou d’extension de zones commerciales de périphérie sur l’ensemble du Grand Besançon. C’est une mesure écologique, de bon sens, et qui bénéficiera aux petits commerces du centre.

La sécurité

  • Les préoccupations de l’UCB

Un sentiment d’insécurité existe parmi certains commerçant·e·s même si cela n’influe pas directement sur leur fréquentation. C’est plutôt un problème d’image qui peut conduire les futurs clients à déserter le centre-ville au profit des zones commerciales. Il convient de trouver un juste équilibre entre médiation et répression.

  • Les propositions de Besançon Verte et Solidaire

Nous réaffirmons notre profond désaccord avec l’arrêté anti-mendicité pris l’an dernier par la municipalité. L’arsenal juridique existe pour répondre aux incivilités et autres comportements agressifs, sans stigmatiser une partie de la population qui fréquente le centre-ville. C’est le rôle de la police municipale.

Nous sommes favorables à la mise en œuvre de ces textes, en intégrant un volet médiation qui a fait ses preuves lors des mandats de R.Schwint. Nous proposons un retour des « correspondants de nuit » dans l’espace public pour répondre aux problématiques de bruit, de « tapage » nocturne ou de comportement agressif notamment vis-à-vis des femmes.

Le rapport aux élu·e·s

  • Les demandes de l’UCB

Clarifier les compétences entre ville et agglomération. Des élu·e·s plus disponibles et qui « gardent la main » plutôt que de la céder aux techniciens. Les commerçants se sentent un peu perdus.

  • Les propositions de Besançon Verte et Solidaire

Notre priorité : le commerce du centre-ville et des centres de quartier.

Notre pratique : une conception citoyenne du débat, des échanges permanents avec les principaux acteurs de la ville, dont l’UCB fait partie. Nous voulons travailler en permanence avec les acteur·trice·s de terrain.

L’attractivité

  • Les attentes de l’UCB

Rénovation de l’habitat ancien, pour faciliter l’installation de nouveaux commerces. Une aide encore plus forte de la ville pour garantir les animations actuelles dans le centre-ville (instants gourmands, marché de Noël, samedis piétons, etc.). Une demande forte : la création d’une « boutique des services ».

  • Les propositions de Besançon Verte et Solidaire

Avant tout, nous considérons qu’il faut créer un environnement propice pour faire du centre-ville un lieu de vie, de résidence, de culture… Outre les questions d’accessibilité, un centre-ville est un lieu où l’on peut flâner et se poser avec un mobilier urbain qui permettent d’être en groupe ou de s’allonger à l’ombre d’un arbre. Fini cet horrible et honteux mobilier anti-SDF que les élu·e·s de la majorité actuelle ont laissé s’installer sans mot dire ! Nous souhaitons végétaliser ce centre, pour qu’il soit accueillant aux êtres vivants, insectes pollinisateurs ou êtres humains, et ce, même au cœur de l’été.

Nous voulons aider, par la mise à disposition de locaux, l’installation ou le maintien de petits commerces (librairie, boulangeries, boucheries, épiceries, maraîchers, cafés…) et de petits artisans-boutiquiers, et aussi embaucher un·e expert·e en reprise d’entreprise au niveau intercommunal pour accompagner et soutenir les salarié·e·s pour la reprise d’entreprises, notamment en SCOP. Nous utiliserons donc les outils à la disposition de la municipalité pour permettre l’installation de nouvelles activités, notamment artisanales (droit de préemption, taxation des locaux inoccupés). Notre priorité sera donnée aux commerces indépendants. Nous devrons travailler aussi au fait de faire revenir les professions médicales et de services au centre-ville.

Nous devons accompagner la transition écologique : manifestations « zéro déchet », fermeture des portes d’entrée des magasins, arrêt de l’éclairage de nuit des vitrines. 

Nous sommes très favorables au projet de « boutique des services » porté par l’UCB et disposés à en préciser les contours. Cette boutique pourrait notamment permettre de faciliter l’acheminement d’achats volumineux vers des points-relais, ou encore mettre à disposition diable ou caddies pour permettre un shopping piéton sans avoir recours aux voitures.

Nous souhaitons favoriser la connexion du centre-ville avec l’EuroVelo n° 6 (Nantes-Mer Noire), avec l’inscription sur son itinéraire d’une « escapade » vers le cœur de ville. Le Doubs qui traverse notre ville et ses berges, sont une richesse que nous ne mettons pas assez en avant. On peut envisager la création d’animation sur l’île proche du pont de la République avec l’installation, par exemple, d’un bar-théâtre-péniche.

De gauche à droite, Adrien Pourcelot pour l’UCB, Claire Arnoux, Francis Caucheteux et Séverine Véziès pour Besançon Verte et Solidaire

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