Rencontre avec Zéro Déchet Besançon

Après Trivial Compost, les membres de Besançon Verte et Solidaire ont rencontré Zéro Déchet Besançon ce lundi 17 décembre.
D’après Zéro Déchet Besançon, le prochain mandat doit être celui du « Zero Waste ». Ils nous demandent d’aller plus loin que simplement gérer une nuisance, mais agir à la source de la production de ces déchets, à tous les niveaux. D’après l’association, le projet « Zero Waste » est un projet politique, qui peut être mené à l’échelle d’un territoire. Au delà de la réduction de l’impact environnemental, les bénéfices d’une démarche poussée vers la réduction des déchets au niveau local sont nombreux : baisse des coûts, création d’emploi locaux et non délocalisables, amélioration du cadre de vie, lien social, résilience…

Voici leur rapide description du contexte local :
« L’usine d’incinération du SYBERT, qui traite les déchets résiduels produits dans les 167 communes qui composent le territoire du SYBERT, est équipée de 2 fours. L’un date de 1976 avec une capacité de traitement de 3 tonnes par heure. Il brûle un peu plus de 47 000 tonnes de déchets par an. Le second a été mis en service en 2002, avec une capacité de 4 tonnes par heure. En 2016, les élus du SYBERT ont voté l’arrêt de la ligne de 1976 en 2021. Il s’agit d’une décision politique courageuse qui inscrit dans les faits l’objectif de réduction des déchets. Le passage à la redevance incitative en 2012 et la mise en place du compostage de proximité a fait baisser les ordures ménagères résiduelles (OMR) de 181 kg/an/habitant à 158 en 2013. Depuis, la baisse continue progressivement pour un total de 143 en 2018. L’objectif du SYBERT de passer sous les 100 à horizon 2022 semble inatteignable sans portage politique fort en faveur de la réduction des déchets à la source. »

Les objectifs sont de faire en sorte de contribuer localement à rester sous la barre des +1,5° de réchauffement au niveau mondial d’ici 2030. L’optimisation de l’emploi des ressources, et donc la réduction de nos déchets, sont des leviers majeurs du retour à un mode de consommation durable. Nous devons accentuer les efforts déjà engagés par notre ville.

A l’occasion de cette rencontre, nous avons travaillé autour des 9 chantiers proposé pour un « plan d’action pour aller plus loin vers une Ville Zéro Déchet – Zéro Gaspi ! ».

Chantier 1 : S’attaquer au plastique et emballage jetable

Une ville exemplaire qui montre l’exemple :

  • Première fête de la musique en mode zéro déchet, pour impulser le changement et garder la mesure en continue => interdiction de tout plastique à usage unique sur l’espace public – mise en place de solutions de prévention pour les commerçants
  • Zéro plastique jetable dans les évènements organisés par la ville et dans ses services, inciter les autres services publics à faire de même
  • Achats publics responsables et durables
  • Insérer dans le cahier des charges des subventions accordées par la ville à l’organisation d’évènement, le zéro déchet
  • Zéro plastique dans les salles de la ville

Solutions alternatives à proposer :

  • Système d’Ecocup réutilisables et consignées dans tous les bars de la ville (modèle Fribourg Cup)
  • Étude pour un système pour la vente à emporter en restauration rapide
  • Mise à disposition de kits réutilisables de vaisselles sur le modèle des prêts de tables, chaises et bancs que la ville propose déjà lors de l’organisation d’évènements par des structures publiques ou privées (associations…)
  • Développement des consignes

Chantier 2 : Des solutions pour les biodéchets

Nous avons adopté le plan d’action proposé par Trivial Compost.

Chantier 3 : La redevance incitative

La redevance incitative a permis un net recul des tonnes de déchets récoltés mais elle génère une injustice sociale à laquelle il faut remédier. En effet, les locataires de logements sociaux dans les quartiers populaires ont un coût de gestion des ordures comparativement beaucoup plus élevé que dans les logements individuels. Manque de sensibilisation, problématique non comprise ou secondaire par rapport à d’autres questions vitales et quotidiennes des populations en difficulté.

Solutions :

  • Redéploiement des concierges dans les immeubles, afin d’accompagner les habitant·es au geste de tri et au compostage.
  • Plus de transparence dans les factures des bailleurs sociaux. Facture simplifiée et commentée.
  • Étudier la possibilité de mettre en place un service de ramassage des « monstres » ou « encombrant » une fois par mois dans les quartiers populaires.
  • Proposer le défi « famille zéro déchet » aux populations qui le souhaitent. A Roubaix, dans les quartiers populaires, l’impact a été très positif (réduction des déchets, et économies d’argent importantes).

Chantier 4 : Accompagner les initiatives dans le champ de la réutilisation et du réemploi

Propositions :

  • Favoriser la gestion circulaire par une implication de la ville dans la création d’un centre de réemploi et de réparation => recyclerie municipale
  • Se mettre en lien avec le réseau national des ressourceries.
  • Autoriser la récupération en direct dans les déchetteries
  • Service de la ville de diagnostic en déchetterie afin d’éviter au maximum l’envoie à l’enfouissement et à l’incinération pour les objets, ressources, réutilisables.
  • Rendre accessibles les déchets bruts en vue de leur réutilisation (ex : bois….).

Chantier 5 : S’attaquer au gaspillage alimentaire

Les cantines scolaires sont des lieux de gaspillage important. La raison principale est liée à la mauvaise qualité des produits proposés aux enfants. Réflexion à avoir sur ces points en parallèle d’un plan de lutte et d’information sur le gaspillage alimentaire. Étudier la mise en place de composteur avec mise à disposition pour les jardiniers de la ville.

Chantier 6 : Promouvoir les textiles sanitaires réutilisables

Propositions :

  • Continuer leur utilisation dans les crèches
  • Campagne d’information importante dans les maternités, premier lieu d’apprentissage avec les premiers contacts avec les parents.
  • Généraliser l’usage de mouchoirs en tissu dans les écoles primaires
  • Généraliser l’usage de serviettes en tissu dans les écoles et services publics de la ville

Chantier 7 : Généraliser le tri à la source

Propositions :

  • Mise en place de poubelles de rue avec tri dans le centre-ville
  • Mise en place de poubelles de rue avec tri dans les cantines et services publics
  • Adapter les formats de poubelle au tri (nudges)
  • Voir pour imposer des zones de déballage dans les grandes surfaces (à vérifier les possibilités et obligations légales)
  • Lutte contre les dépôts sauvages et le non tri des professionnels. Etude de la DREAL : 92% des déchets des entreprises sont mal triées.

Chantier 8 : Agir via la commande publique de fournitures, services et travaux

Pour une ville exemplaire, les services de la ville devront montrer l’exemple. Incitation à l’ensemble des services publics de la ville. Information des professionnels installés sur le territoire de l’agglomération. Voir aussi chantier 1.

Chantier 9 : Accompagner les initiatives entrepreneuriales en matière d’économie circulaire

Intégrer au projet du centre de réparation et du réemploi (voir chantier N°4), nous pourrions imaginer un incubateur dans le domaine du Zéro Déchet, ainsi qu’un espace d’échanges avec les réseaux déjà en place tel que le Label Répar’acteurs10 créé par le Chambre de Métiers et de l’Artisanat Interdépartementale.

Chantier supplémentaire : Les déchets de la construction

Dans le document édité par Zéro Déchet Besançon, il n’est pas question des déchets de la construction qui représentent pourtant 73% des déchets au niveau national (source : ademe). 
La directive européenne sur les déchets de 2008 a fixé comme objectif de valoriser 70% des déchets du BTP en 2020, objectif repris dans la loi française sur la transition énergétique de 2015.
Propositions :

  • Prévention, tri sur chantier, réutilisation, réemploi et recyclage.
  • Contrôle des chantiers
De gauche à droite : Marion Prud’Homme de Zéro Déchet Besançon et des membres de Besançon Verte et Solidaire : Jérôme Scherer, Séverine Véziès, Claire Arnoux

Laisser un commentaire