Réponse à Silicon Comté, association de la filière numérique franc-comtoise

Suite au courrier reçu par Silicon Comté, voici les réponses que notre liste a apportées.

1) Le premier point abordé par l’ensemble des membres consultés concerne le domaine de l’infrastructure : quelles mesures allez-vous prendre afin d’accélérer le déploiement d’une offre très haut débit sur la ville de Besançon et sur l’ensemble de la Métropole ?
Le déploiement de Besançon et de la métropole est du ressort d’Orange qui a remporté la zone AMII. Nous nous réunirons avec Cyprien Mateos (délégué régional d’Orange) pour connaître les déploiements actuels et futurs. Nous veillerons également à ce que les délais soient respectés tout comme les engagements et nous n’hésiterons pas à remonter les retards à l’autorité compétente, l’Arcep.

2) En tant que membre du Syndicat Mixte LUMIÈRE (SYML), la mairie aura un rôle déterminant sur le futur du réseau Lumière : quelle sera votre position sur le sujet ?
Nous nous y intéresserons et prendrons en connaissance les dossiers pour étudier l’avenir de ce réseau. 

3) Quelle est votre positionnement vis à vis de l’arrivée (et du déploiement) de la nouvelle génération de réseau de téléphonie mobile – nous parlons ici de la 5G ?
Le déploiement de la 5G sans concertation des citoyenn.es serait un échec démocratique. En effet, la 5G serait un changement majeur dans nos habitudes, avec l’idée qu’il est possible de continuer à aller toujours plus vite, toujours plus fort, sans considération des problèmes de pressions sur les ressources planétaires. Est-ce vraiment cette direction que nous voulons ? Il est important de rappeler que le développement du numérique et notamment de la 5G signifie aussi des infrastructures à créer et donc des ressources à extraire dont des métaux rares précieux. Même si des économies d’énergie pourraient être effectuées suivant l’utilisation ou non à bon escient de ces technologies, l’effet rebond, l’augmentation de la consommation, est aussi à prendre en compte pour prendre une décision. Pour autant, il serait important de se pencher plutôt sur des solutions de small cells pour améliorer les connexion dans certains endroits et pourquoi pas, louer du mobilier urbain aux opérateurs pour qu’ils puissent déployer dessus. Il serait pertinent de faire une réunion publique et de s’appuyer sur l’expertise de certains des membres de Silicon Comté et d’autres experts du domaine afin d’éduquer les citoyen.nes sur les ondes, les réseaux et les questions de ressources et effet rebond liés au numérique.
Dans ce domaine, nous vous renvoyons à la partie de notre programme qui porte sur les pollutions visuelles, lumineuses et électroniques en suivant ce lien : https://besanconverteetsolidaire.fr/programme/#12-5%0Ar%C3%A9duire-les-pollutions-visuelles-lumineuses-et-%C3%A9lectroniques

Nous prendrons réellement en compte la problématique des pollutions numériques.

  • Refuser le développement de la 5G
  • Réaliser un audit sur l’exposition des habitant.es aux ondes et la réduire autant que possible
  • Tenir compte de la vulnérabilité particulière de l’environnement (présence d’une crèche, école etc) pour refuser l’implantation d’une antenne relais. Appliquons en la matière le principe de précaution
  • Appuyer les mobilisations citoyennes contre l’installation des compteurs Linky

Dans son activité quotidienne, une municipalité produit et collecté un nombre conséquent de données publiques dans le cadre de ses missions : données de déplacements, données cartographiques, urbaines, culturelles, financières, etc. L’ouverture des données publiques, ou « open data », consiste à mettre ces données publiques à disposition de toutes et tous, en libre téléchargement dans un format facilement exploitable et réutilisable. 4) Des premiers jeux de données sont déjà disponibles : quelle politique et quels moyens allez-vous mettre en place à ce sujet ? Quelle est votre ambition ?

L’open data est un enjeux démocratique et nous voulons y répondre en mettant à disposition toutes les données qui peuvent être rendues publiques. En effet, ces données pourraient servir de tremplin à l’ensemble des citoyen.nes, entreprises, associations, etc … pour développer de nouveaux services ou servir la transparence démocratique.

Pour que les entreprises du numérique puissent travailler en symbiose, il nous semble intéressant que la ville réfléchisse à une offre de bâtiments de bureaux centralisée et adaptés à l’implantation des structures du numérique : accessibilité par transports, proximité des centres de recherche et formation pour une meilleure synergie, infrastructures de communication, services annexes…5) Quelle sera votre politique d’offre de locaux commerciaux à destination de la filière numérique ?

Il existe déjà quelques entreprises du côté de Temis et qui sont couvertes par la fibre, il serait intéressant de créer un pôle technologique qui serait en relation avec l’université des sciences très proche voire soutenir des filières au lycée Ledoux à proximité. L’accès à la gare est en plus facilité avec la Ligne 3, ce qui permet une plus grande fluidité au final avec Belfort-Montbéliard et Paris.

Notre filière, qui commence à avoir des succès au niveau national et international, attend de la municipalité un soutien en terme de notoriété et de mise en avant de ses talents. 6) Quelle politique de rayonnement de la ville – et de ses talents – allez-vous mettre en place ? Envisagez-vous un soutien à un salon professionnel dédié ?

Nous voulons mettre en avant les innovations et talents du numérique qui vont dans le sens d’une transition écologique, sociale et démocratique. Un soutien à un salon professionnel sur ces thèmes serait en effet quelque chose à développer. Il existe déjà un salon à Besançon, reconnu, celui des microtechniques (Micronora). Il pourrait être intéressant d’y ajouter la dimension numérique et éventuellement y intégrer le hacking health, pour créer des synergies entre tous les acteurs. 

Les métiers du numérique offrent des possibilités de travailler à distance. A l’heure où 8 cadres franciliens sur 10 souhaitent quitter la région parisienne, il peut sembler intéressant de communiquer sur le cadre de vie privilégié de Besançon et ses autres atouts, en offrant aux entreprises et aux salariés (du privé comme du public) une opportunité d’installation. 7) Quelle politique de notoriété de la ville auprès des professionnels comptez-vous mettre en place ?

Notre ambition est de faire de la ville de Besançon un lieu où il fait bon vivre et surtout, où un futur agréable puisse être envisageable. Les nouvelles familles qui veulent s’installer regardent dans un premier temps les services. Nous voulons développer les services publics, et certains droit fondamentaux comme celui de la mobilité. La gratuité des transports en commun, la mise en place d’un réseau express vélo sécurisé, des cantines bio et locales, des rues aux enfants, toutes ces mesures visent à améliorer la vie quotidienne. Les entreprises locales pourront se servir de ces éléments fondamentaux pour attirer les familles. 

Outre les très bonnes conditions de vie dont nos concitoyens jouissent, un pôle technologique à Temis pourrait permettre de faciliter cela avec la création de bureaux partagés et une mise en commun des ressources par exemple. Les trajets vers Paris et depuis Paris sont moins contraignants grâce au bus en site propre et c’est parfois aussi long de faire Besançon-Paris en train que de traverser la capitale. De plus, les entreprises pourraient profiter de débits allant jusqu’à 10 Gb/s (non garanti) avec la fibre voire des offres avec des GTR sur mesure grâce à notre opérateur local. Il faudra juste veiller à ce que les tarifs des loyers n’augmentent pas si nous accueillons des personnes avec plus de pouvoir d’achat.

Le numérique concerne désormais, avec toutes les démarches en ligne notamment, toutes les tranches d’âge. Or, une fracture numérique, notamment auprès des personnes âgées, existe. Permettre à chacun d’accéder au numérique est à la fois une question d’équité sociale, mais également une façon de remettre du lien entre les générations. 8) Comment comptez-vous accompagner cette digitalisation de la vie publique ? Pour préparer l’avenir, il est également nécessaire de sensibiliser et former les plus jeunes au fonctionnement des outils numériques.

Les politiques néolibérales menées sans discontinuité depuis une quinzaine d’années ont fracturé la société et dissout les solidarités. Au triomphe du chacun.e pour soi et à l’abandon des plus faibles, nous préférons une communauté du lien social, du partage et de la fraternité. Nous lutterons contre la fracture numérique par un ensemble de mesures présentes dans notre programme : https://besanconverteetsolidaire.fr/programme/#21-6%0Alutter-contre-la-pauvret%C3%A9-et-la-pr%C3%A9carit%C3%A9

  • S’assurer que toute dématérialisation de service public local s’accompagne des ressources humaines nécessaires pour accompagner les personnes les plus éloignées des usages numériques, garantissant la liberté de choix entre démarche physique ou dématérialisée
  • Instaurer des “maisons du numérique” ou utiliser les points existants (médiathèques…) pour assumer, en lien avec les associations, un rôle de médiation numérique.
  • Assurer dans chaque quartier un lieu d’accès gratuit au wifi, confidentiel et respectant la neutralité du net (sans filtrage ni surveillance)
  • Faire entrer le jeu vidéo et les œuvres numériques dans le catalogue des médiathèques de la ville.

On peut également voir un peu plus loin en lançant une commande groupée pour un accès internet + téléphone fixe à bas prix, cette offre serait souscriptible par tou.tes, aussi bien par les seniors que par les étudiant.es qui disposent d’un petit budget en passant par les familles. Il faudra néanmoins veiller à ce que le prix n’augmente pas après la première année. Et nous souhaiterions que celle-ci passe principalement par la fibre afin de passer par un réseau moins énergivore, d’avenir et de ne pas retarder l’extinction du cuivre.

9) Dans les écoles maternelles et primaires, quelle place allez-vous accorder à l’enseignement du numérique ? Avec quels moyens matériels

Le numérique doit être au service de l’humain et non l’inverse. L’enseignement du numérique dans les écoles maternelles devra se faire avec parcimonie, seulement quelques heures par semaine s’il y a des écrans.
En primaire, nous pourrions également mettre en avant la logique (du point de vue des systèmes) et des ateliers sur des systèmes simples et peu chers comme des arduinos ou des raspberry avec l’utilisation de Scratch. Il sera très important de parler des dangers du net et de l’impact du numérique sur les ressources de la planète aux enfants et faire des guides d’utilisation du numérique aux parents (comme la sécurisation de leur connexion internet, les problèmes de santé liés au numérique, etc …)
Pour finir, permettez nous d’ajouter que nous sommes pour la création d’une application pour remonter les anomalies en complément de l’utilisation du numéro de téléphone de proxim’cité. Il sera plus simple pour une partie jeune de la population de signaler un problème ainsi et favoriser leu implication citoyenne. L’utilisation de l’application pourrait également éviter de remonter plusieurs fois le problème grâce à la géolocalisation par exemple. De plus, l’utilisation de photos permettra de mieux estimer l’urgence de l’intervention et nous pourrions envisager de partager l’application avec les communes de la métropole ou d’élargir les domaines que les administrés peuvent remonter.

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