Sécurité, tranquillité publique, bien vivre ensemble

Longtemps la sûreté n’a pas été garantie équitablement aux Français·es. C’est la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen de 1789 qui en fait un droit universel. Il s’agit pour nous d’assurer aux Bisontins et Bisontines ce droit à la sûreté.

Ci-dessous le compte-rendu de la réunion programmatique qui s’est déroulée sur le sujet du vivre ensemble.

Nos quartiers populaires et notamment Planoise souffrent de plusieurs maux, ceux d’une société qui abandonne ses concitoyen·nes à leur sort. Là où la République recule, les trafiquants font la vie économique et l’insécurité grandit. Ses habitant·es et commerçant·es y subissent les conséquences d’incivilités mais aussi des faits beaucoup plus graves et liés aux divers trafics et notamment de drogue.

Notre liste souhaite agir à plusieurs endroits, mais d’une manière générale, nous considérons que les questions de sécurité, de tranquillité et du bien vivre ensemble, nécessitent une présence humaine sur le terrain. Aussi, c’est en ce sens que nous agirons

Lutter contre les trafics en tout genre : une mission de la police nationale

Dans un premier temps, l’urgence est à remettre de la sérénité dans nos quartiers et à assurer la sécurité et la tranquillité publique de ses habitant·es. 

  • Renforcer les effectifs de la police nationale :

Le maintien de l’ordre et la lutte contre les trafics sont des missions de police nationale. Pour autant, nous considérons qu’une municipalité peut agir en exigeant de l’État par l’intermédiaire du Préfet, le déploiement des forces de police nécessaires et adéquates au traitement de ce genre de problématique. Lutter contre le trafic de drogue nécessite un travail d’enquête et d’investigation pointue avec des moyens appropriés. Nous demanderons donc le renforcement des forces de police nationale sur notre territoire avec comme mission première la lutte contre le trafic de drogue qui gangrène nos quartiers.

  • Utiliser les ressources disponibles sur les véritables questions d’ordre public :

Depuis plus d’un an, les forces de police sont souvent mobilisées dans le cadre des manifestations des gilets jaunes, des militant·es pour le climat, des manifestant·es contre la réforme des retraites… Nous sommes en opposition totale avec la politique de maintien de l’ordre que le gouvernement prône dans le cadre de la gestion de ces mouvements sociaux. Nous considérons que nos forces de l’ordre doivent être mobilisées pour assurer la sécurité de nos concitoyen·nes et non pour réprimer des mobilisations citoyennes pacifiques. Aussi, nous considérons que la police nationale doit être gardienne de la paix et non pas force de l’ordre coercitive. La police nationale a comme premier devoir de lutter contre les trafics et la vraie délinquance.

  • Une police de proximité :

Nous défendons le retour des services publics dans nos quartiers et nous considérons que la présence d’une police de proximité est l’un des premiers services publics à rétablir réellement

Créer du lien, renouer la confiance police-population, nécessitent cette présence humaine au quotidien. Le quartier de Planoise dispose d’un commissariat de police rue Picasso, ce qui est une bonne chose, mais nous regrettons que ses horaires d’ouverture (du lundi au vendredi de 9h30 à 17h30) ne soient pas adaptés aux nécessités du quartier. Nous demanderons à ce qu’il soit ouvert 24h/24h, 7j/7j, et doté de personnels formés aux spécificités du quartier.

Pour ce qui est de la police municipale, nous considérons qu’elle doit travailler en coordination avec la police nationale mais qu’en aucun cas, nous ne devons lui attribuer des missions qui ne relèvent pas de ses compétences. Polices nationale et municipale sont complémentaires et nous refusons la course à l’échalote vers l’armement des policiers municipaux. A chacun·e ses missions, gardons nous de mettre en danger des agents en les mettant face à des situations qui ne relèvent pas de leur missions.

  • Pacifier les relations police-population :

Refuser l’armement des policiers municipaux, prendre des arrêtés anti-LBD sur le territoire communal, demander l’expérimentation par la police nationale du récépissé de contrôle d’identité sur le territoire communal ou intercommunal pour lutter contre le contrôle au faciès, exiger le port du matricule RIO par les forces de police.

  • Lutter contre les rodéos urbains :

Les rodéos urbains ont déjà fait un mort (piéton) à Besançon et occasionnent de nombreuses nuisances sonores, qui privent de sommeil des milliers de personnes en été. La municipalité doit exercer son pouvoir de police pour que soient sanctionnés les auteurs des faits, peu nombreux et facilement identifiables.

  • Garantir la tranquillité et la sécurité des femmes dans l’espace public :

Développer un service de transport qui, le soir, peut s’arrêter où le souhaite la personne ; aménager un environnement urbain favorable aux femmes (éclairage public, mobilier urbain…)

Remettre du lien dans nos sociétés : remettre de l’humain

Que ce soit à Planoise ou dans d’autres quartiers bisontins, comme les Tilleroyes par exemple, les habitant·es se plaignent d’incivilités répétées commises par quelques-uns et qui pourrissent la vie de l’ensemble de la communauté. Au-delà de la présence policière et du nécessaire maintien de l’ordre, nous considérons que ces questions soulèvent d’autres problématiques. Notamment sociales.

Nous savons tous que la délinquance se nourrit de la misère sociale et de l’appauvrissement général des salarié·es, précaires, chômeurs, retraité·es et particulièrement des jeunes. Ce constat touche particulièrement les habitant·es de nos quartiers populaires. Les questions de sécurité ne peuvent donc être traitées sans y associer la question sociale. Nous n’oublions pas non plus que bien souvent les délinquants adultes entraînent dans leurs méfaits les jeunes du quartier. Des jeunes désœuvrés souvent en rupture avec les institutions éducatives ou la cellule familiale.

Trop souvent les habitant·es des quartiers se sentent abandonnés et isolés. Au delà des missions de maintien de l’ordre et de tranquillité publique, recréer du lien dans nos quartiers nécessite la présence d’autres acteurs.

Notre action s’articulera autour de deux axes :

  1. Remettre de l’humain et du service public au cœur de nos quartiers
  2. Recréer du lien et proposer des perspectives

Nous proposons :

  • Retour des correspondant·es de nuit :

Supprimé·es par la municipalité sortante, ils/elles assuraient une présence rassurante sur le terrain et un travail de médiation. Nous les remettrons en place là où il y a des activités nocturnes. Cette présence humaine nous paraît essentielle pour sécuriser l’espace public et ainsi assurer la sécurité de tou·tes, en particulier la tranquillité des femmes, premières victimes du harcèlement de rue et de violences conjugales ; les populations discriminées en raison de leurs orientations sexuelles doivent aussi se sentir en sécurité dans la ville.

Ces correspondant·es de nuit serviront de relais avec d’autres structures : services sociaux, services de police… 

  • Assurer un service de nuit de la Police Municipale :

Pour une police municipale qui retisse des liens de proximité et axée sur ses missions propres en lien avec les correspondant·es de nuit. Travail avec la police nationale pour lutter contre les trafics et le proxénétisme. 

  • Favoriser le travail réalisé par les régies de quartiers :

Ces régies sont un outil essentiel permettant de proposer aux habitant·es des quartiers des missions rémunérées au service de leur quartier. Ces structures sont créatrices de lien, d’activités et donc de ressources pour les habitant·es tout en leur permettant de prendre soin de leur environnement d’habitation (aménagement du quartier, compostage…). Créer et participer à la vie du quartier.

  • Retour des concierges et gardiens d’immeubles :

Ils ont été supprimés et pourtant leur mission de lien, de médiation et de régulation étaient essentielles. Nous nous engageons à les remettre en place dans les logements sociaux.

  • Création d’une maison des associations à Planoise adaptée à la réalité des besoins du quartier le plus peuplé de Besançon

La vie associative à Planoise est une vraie richesse, qui mériterait d’être mieux connue et coordonnée : pourquoi pas une Maison des associations où seraient regroupées les associations souhaitant travailler ensemble avec des salles de travail mutualisées ?

  • Favoriser la création d’associations de quartier pour réinvestir la vie de la cité en leur fournissant des moyens (locaux, subventions, personnel…).
  • Faire un état des lieux des diverses structures de quartier qui proposent des activités :

Dans l’ensemble des quartiers, les maisons de quartiers, MJC et autres structures proposent des activités de qualité et que nous souhaitons favoriser. Néanmoins, nous constatons que la diversité des structures ne permet pas de proposer aux populations des différents quartiers une égalité d’accès, notamment à cause de tarifs différents. Nous voulons travailler à renforcer l’offre des activités (loisirs, sportives…) tout en assurant une égalité d’accès aux populations des différents quartiers de Besançon.

  • Favoriser la création de structures initiées par les femmes :

Aide à l’apprentissage de la langue, alphabétisation… Le but est de permettre aux femmes d’être à nouveau citoyennes dans leur quartier.

  • Donner les moyens pour un véritable service social d’accompagnement :

Si elle ne détient pas tous les pouvoirs en matière administrative et sociale, une mairie peut agir pour favoriser ou rétablir le lien humain entre Administration et Administré.es, entre services sociaux et bénéficiaires. Encore faut-il qu’elle ait la volonté de promouvoir la solidarité et d’y mettre tous les moyens nécessaires.

Nous veillerons à ce que des services sociaux soient répartis dans tous les quartiers, avec des personnels qualifiés et en nombre suffisant pour répondre aux besoins. Un service d’urgence sociale, ouvert 24h/24, assurera des repas 7 jours/7 et une mise à l’abri à toute personne en détresse sociale (mineurs étrangers, femmes victimes de violences, familles et personnes à la rue…). Des maraudeurs, le soir et la nuit, repéreront les personnes isolées et leur viendront en aide immédiatement. D’autres équipes iront à la rencontre des personnes isolées chez elles (âgées, handicapées, mères de famille en situation d’exclusion…) pour leur permettre de sortir de leur isolement.  

Nous veillerons également à ce que l’ensemble des acteurs qui peuvent être en contact avec des personnes fragilisées puissent se rencontrer et se coordonner. 

  • Lutter contre l’isolement de nos aîné·es

Face à l’isolement des personnes âgées, et pour retisser les liens entre les générations, nous favoriserons des moments de rencontres et de partages. Des projets en partenariat avec les écoles et les EHPAD de le ville peuvent être mis en place, tout comme un service de mise en relation entre des personnes âgées et des étudiant·es pour des hébergements gratuits.

La police municipale : une police au service des habitant·es pour assurer le bien-vivre ensemble du quotidien

Devant les divagations dangereuses et courses à l’échalote de certains demandant d’armer les policiers municipaux, il nous paraît utile de rappeler que s’il existe deux polices en France (municipale et nationale), c’est bien parce que leurs missions sont différentes et complémentaires.

Les agents de la police municipale, compétents sur le territoire de leur commune, agissent sous l’autorité du maire et ont pour mission la prévention et la surveillance du bon ordre, de la tranquillité, de la sécurité et de la salubrité publiques. Ils n’ont donc pas les mêmes missions que la police nationale qui intervient sur des missions de sécurité, d’investigation et de renseignements.

La police municipale est donc l’expression du pouvoir de police du maire qui est strictement réservé aux missions suivantes :

1° Tout ce qui intéresse la sûreté et la commodité du passage dans les rues, quais, places et voies publiques, ce qui comprend le nettoiement, l’éclairage, l’enlèvement des encombrements, la démolition ou la réparation des édifices et monuments funéraires menaçant ruine, l’interdiction de rien exposer aux fenêtres ou autres parties des édifices qui puisse nuire par sa chute ou celle de rien jeter qui puisse endommager les passants ou causer des exhalaisons nuisibles ainsi que le soin de réprimer les dépôts, déversements, déjections, projections de toute matière ou objet de nature à nuire, en quelque manière que ce soit, à la sûreté ou à la commodité du passage ou à la propreté des voies susmentionnées ;

2° Le soin de réprimer les atteintes à la tranquillité publique telles que les rixes et disputes accompagnées d’ameutement dans les rues, le tumulte excité dans les lieux d’assemblée publique, les attroupements, les bruits, les troubles de voisinage, les rassemblements nocturnes qui troublent le repos des habitants et tous actes de nature à compromettre la tranquillité publique ;

3° Le maintien du bon ordre dans les endroits où il se fait de grands rassemblements d’hommes, tels que les foires, marchés, réjouissances et cérémonies publiques, spectacles, jeux, cafés, églises et autres lieux publics ;

4° L’inspection sur la fidélité du débit des denrées qui se vendent au poids ou à la mesure et sur la salubrité des comestibles exposés en vue de la vente ;

5° Le soin de prévenir, par des précautions convenables, et de faire cesser, par la distribution des secours nécessaires, les accidents et les fléaux calamiteux ainsi que les pollutions de toute nature, tels que les incendies, les inondations, les ruptures de digues, les éboulements de terre ou de rochers, les avalanches ou autres accidents naturels, les maladies épidémiques ou contagieuses, les épizooties, de pourvoir d’urgence à toutes les mesures d’assistance et de secours et, s’il y a lieu, de provoquer l’intervention de l’administration supérieure ;

6° Le soin de prendre provisoirement les mesures nécessaires contre les personnes atteintes de troubles mentaux dont l’état pourrait compromettre la morale publique, la sécurité des personnes ou la conservation des propriétés ;

7° Le soin d’obvier ou de remédier aux événements fâcheux qui pourraient être occasionnés par la divagation des animaux malfaisants ou féroces ;

8° Le soin de réglementer la fermeture annuelle des boulangeries, lorsque cette fermeture est rendue nécessaire pour l’application de la législation sur les congés payés, après consultation des organisations patronales et ouvrières, de manière à assurer le ravitaillement de la population. »

Retrouvez également notre réponse adressée à la Brasserie de l’Espace de Planoise, suite à leur sollicitation : https://besanconverteetsolidaire.fr/notre-reponse-a-lassociation-de-la-brasserie-de-lespace-sur-les-questions-de-securite-a-planoise/

1 réflexion au sujet de « Sécurité, tranquillité publique, bien vivre ensemble »

Laisser un commentaire