Un alter-projet pour le pôle St Jacques/Arsenal

Ce programme est issu d’un travail collectif réalisé dans le cadre d’un atelier programmatique. L’implication citoyenne est au cœur de notre construction programmatique et le sera durant notre mandat. Nous associerons donc à cette réflexion toutes celles et tous ceux qui, aujourd’hui, animent l’Arsenal, mais aussi les citoyen·nes de notre ville.

  1. Le projet de la municipalité sortante
  2. L’avis de Besançon Verte et Solidaire
  3. L’alter-projet de Besançon Verte et Solidaire

Saint-Jacques et l’Arsenal appartiennent en partie au CHU, à la Ville et à l’Université. Ces anciens bâtiments constituent deux vastes lieu du centre-ville de Besançon et leur avenir doit être discuté en ce moment même. En effet, avec le déménagement imminent des derniers services du CHU présents à Saint-Jacques (direction générale , psychiatrie et quelques services tels que le Comité de Protection des Personnes), le CHU vendra ces bâtiments. En l’état actuel des choses et de nos informations, la Ville aurait cédé au CHU quelques parcelles « enclavées » qui lui appartenaient afin de constituer un foncier homogène pour la future vente, à Vinci. Au delà de ces aspects techniques, notre principale inquiétude concerne le projet pour Saint-Jacques.

Le projet de la municipalité sortante

Le peu d’informations disponibles sur ce projet de réhabilitation de Saint-Jacques. se trouvent sur le site saintjacques.besancon.fr . Nous y apprenons que le site « fait désormais l’objet d’un ambitieux programme de reconversion pour devenir un site d’avenir, du futur », baptisé « Cité des savoirs et de l’innovation ». Déclinée en quatre grands axes, cette réhabilitation doit faire naître :

  • une grande médiathèque, qui réunira la bibliothèque d’agglomération (actuelle médiathèque Pierre Bayle et bibliothèque d’étude et de conservation) et la bibliothèque universitaire des Lettres et sciences humaines. [1]
  • un « village des innovations » pour « s’ouvrir au business et à l’esprit start-up », géré par une entité privée, à savoir le Crédit Agricole.
  • un « centre des congrès » pour « s’ouvrir au tourisme d’affaires », accompagné d’un hôtel haut de gamme, façon « ambiance hors des sentiers battus » pour recevoir les congressistes et hommes d’affaires.
  • un habitat connecté et intergénérationnel, accompagné de son parking souterrain.

L’avis de Besançon Verte et Solidaire

Nous reconnaissons pleinement le besoin d’un lieu favorisant l’innovation et les activités du futur, un besoin d’attractivité et un besoin de créer des logements au centre-ville. Cependant, dans le présent projet, nous sommes opposés :

  • à laisser une entreprise privée gérer une pépinière de start-up tournée vers la high-tech
  • à privilégier l’hôtellerie de luxe et le logement haut de gamme, au détriment du logement populaire
  • à la création d’un parking souterrain, véritable aspirateur à voiture, qui va fatalement générer de nouveaux déplacements motorisés.

Concernant la médiathèque, nous sommes pleinement conscients qu’elle répond à un réel besoin et ne remettons nullement en cause ce projet. Nous serons justes vigilants, en tant que potentiel futur maître d’œuvre, à ce que les caractéristiques du bâtiment et de sa construction permettent une gestion très économe en énergie. Le projet actuel, avec un énorme volume et des verrières partout, semble très énergivore (dur à chauffer, dur à refroidir).

A noter également que le projet actuel est très flou, les informations difficiles à trouver : preuve que la municipalité actuelle est capable de pondre un projet de grande envergure sans en informer ses administré·es … Nous nous opposons à ce principe de fonctionnement.

L’alter-projet de Besançon Verte et Solidaire

Nous proposons de faire de Saint-Jacques la « Cité de l’Utopie » afin que ce lieu devienne le pôle de la transformation de la Ville. Nous souhaitons y regrouper les savoirs faire techniques et culturels allant dans le sens de l’écologie et du social.  Nous souhaitons que ce lieu soit le lieu des low-tech, de la réparation et du réemploi plutôt que du recyclage, le lieu des bisontin·es plutôt que celui de Vinci. Concrètement, nous proposons que voient le jour à Saint-Jacques :

  • Une pépinière des low-tech, sous la forme de locaux mis à disposition à des entreprises ou associations faisant des ateliers de réemploi, de réparation (type repair-café), de la recherche, etc. L’idée n’est pas de coordonner ces structures au sens d’en être le donneur d’ordres, mais bien de fournir un lieu leur permettant de se développer, de travailler ensemble et d’y mettre les moyens financiers et humains pour que cela fonctionne.
  • Un centre culturel de l’utopie et de l’innovation sociale, sorte de musée racontant le progrès social à Besançon depuis Fourier et Proudhon jusqu’au conflit des LIP, de la Rhodia, associé à un “musée du futur” explorant les scénarios possibles et probables liés au changement climatique ainsi que des scénarios alternatifs montrant que l’avenir peut être enviable en engageant la transition écologique dès maintenant.
  • Un espace de découverte des sciences et techniques lowtech à destination du jeune public (type “le quai des petits à Toulouse”).
  • Une maison du peuple, lieu d’échange et de convivialité, ouvert aux associations, syndicats et aux habitant.e.s du centre-ville.
  • Une maison des femmes, qui réunirait au même endroit l’accueil des femmes victimes de violences, l’information et l’accès aux droits et l’information à la sexualité importante pour les jeunes. (Volonté de l’association Solidarités Femmes) : accueil de Solidarité femme, le CICS (Centre d’Information et de Consultation sur la Sexualité) et le CIDFF ( Centre d’information Sur les Droits Des Femmes Et Des Familles).
  • 600 logements mixtes (logement social et logement moyenne gamme d’accès la propriété).
  • Un espace de cyclo-logistique : un entrepôt de quelques centaines de mètres-carrés, de plain-pied. Ce serait un véritable pôle d’échange permettant de livrer les marchandises dans le centre-ville en vélo-cargo, suivant l’exemple de la coopérative OLVO à Paris[2]. Saint-Jacques est en effet un endroit stratégique, à proximité du tramway, ce dernier pouvant à long terme devenir un moyen d’acheminer les marchandises vers le centre-ville. Cela s’anticipe dès aujourd’hui.

Les espaces verts présents aujourd’hui dans le site seraient bien sûr conservés, et le bâti rénové aux normes thermiques d’aujourd’hui plutôt que détruit et reconstruit. 
Comme évoqué plus haut, le centre Pierre-Bayle serait alors vide. Se pose alors la question de ce que l’on peut en faire. Idem pour les bâtiments administratifs qui seront vides à très court terme après le déménagement de ces structures au Pôle-Viotte (Département, avenue de la gare d’eau, Région au square Castan, rue Nodier). Quelques idées émises :

  • des espaces dédiés aux jeunes pour qu’ils puissent se retrouver, type Maison pour Tous ;
  • une salle des fêtes à destination des habitant·es du centre-ville.
  • des lieux d’accueils de migrant·es
  •  une petite salle de concert pour accueillir les petits groupes invités par des associations de musique.

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